07 octobre 2019

Problèmes de robinet

Au commencement était le robinet


   Je ne me souviens pas avoir connu de problèmes majeurs quant à la manière de se servir d'un robinet sauf peut-être quand il était grippé ou pris par le gel ou alors quand, bricoleur dans l'âme, je ne savais plus dans quel sens il fallait tourner le volant. L'apprentissage me semble néanmoins avoir été assez rapide et ne m'a pas laissé de séquelles apparentes.


Puis vint le temps de la baignoire.

   Là encore grande simplicité, un robinet d'eau froide, un robinet d'eau chaude, et prise de la bonne température au doigt mouillé.


Fut enfin le temps de la douche

   Un seau d'eau posé sur la tranche supérieure d'une porte entre ouverte , appuyé sur le chambranle , une corde pour pencher le seau et voilà une douche dans toute sa simplicité; mais on n'en est plus là car survinrent les startupiens, les innovateurs, les créateurs, les architectes d'intérieur, les stylistes... pour nous gratifier des purs instruments de supplices représentés ci-dessus.

   A moins d'avoir obtenu un Cap/Bep de plomberie ou mieux un Bts Fluides, Énergies, Environnements option Génie Sanitaire et Thermique, ou alors d'être pilote d'Airbus, ou d'avoir lu et retenu par cœur les 70 pages de la notice d'utilisation,  vous pouvez être sûr, dans 9 cas sur dix, d'enclencher une action que vous n'avez pas demandée. Vous désirez vous servir du pommeau de douche ? numérotez vos abattis ! vous prendrez en entrée une bonne douche glacée venant du haut. En trafiquant les boutons, ( une action rendue plus périlleuse si par excès d'optimisme, vous avez commencé à vous savonner, un point rouge, un point bleu, parfois rien du tout, c'est tellement évident...), vous déclencherez en supplément quelques jets malvenus, ne parviendrez plus à régler correctement le chaud et le froid...finirez en glaçon ou en écrevisse... Mais je ne vais pas dénombrer les nombreux cas de figure qui sont connus de tout un chacun.

    Même à l'humble robinet, évoqué plus haut, on a fait connaitre les pires avanies :
   Dans un restau je ne sais plus où, je vais pisser et  désire me laver les mains, comme il se doit. Tchouik, tchouik, deux jets de savon liquide et je tente d'actionner le robinet, je  passe mes mains dessous ( ah oui, la détection automatique) rien ! je pousse , je tire, je tourne, lui donne quelques coups, sur le dessus, sur les côtés, rien ! je change de lavabo, même tabac. J'étais là depuis cinq bonnes minutes, tel un singe de laboratoire à qui on fait passer des tests d'intelligence et qui patine dans la choucroute, quand un habitué venant à son tour se soulager m'a montré un truc sous le lavabo. Une pédale, comme sur les pianos !

Merdre, cornegidouille, à bas les déviants sanitaires et thermiques !!!

24 septembre 2019

Macao et Cosmage

Une histoire de paradis terrestre salopé à la Adam.e et Eve.e
ou de Robinson.ne Crusoé.e et Vendredi.e à l'envers.








Le début des emmerdes pour Macao


et pour Cosmage idem


"La nature entière fut courbée par la main de l'homme... La solitude n'exista plus...
Le travail fit un bruit d'enfer..."

   Cet album, Macao et Cosmage (je n'ai pas mis toutes les vignettes, il en reste beaucoup à découvrir) d'Edy Legrand a vu le jour en 1919. Cent ans après, on pourrait rajouter à l'image ci-dessus un ciel conchié du  mucus blanchâtre des avions, avec des hélicos en pagaille, des zuellaimes, des ailes delta, des parapentes, plein de petits drones; au sol des autos mobiles à la pelle, des beaux camions, (des trucks quoi) des motocyclettes, des vélos petits et grands, des rollers, des skates, des trottinettes, des onewheel, des monowheel,  des gyropodes (ce truc à deux roues utilisé parfois par les policiers municipaux; j'ai vu cet été à Capbreton une huitaine d'individus à l'air constipé se déplacer à la queue leu-leu avec ça, j'ai cru que j'avais atterri dans la série Le Prisonnier), les beaux yeux des caméras de surveillance, du mobilier urbain en veux-tu, en voilà, et sur la mer qui borde l’île, d'innombrables  petits bateaux qui vont sur l'eau, des planches de surf par milliers, bodyboard, longboard, kneeboard, skimboard, bodysurf, paddleboard, surfing canoë, surf tracté, stand up paddle, surf tandem, j'en passe et des meilleures,  des jet-skis à foison (mes préférés)....J'arrête là, ce n'est pas bon pour le moral.


08 juillet 2019

Le plan Million

   Après guerre, en 1950, les Hlm (habitations à loyer modéré) remplacent les Hbm (habitations bon marché). Les logements font cruellement défaut et  les travailleurs pauvres ne peuvent se loger même aux conditions  de loyers  HLM.

   Pierre Groues, l'abbé Pierre qui a fondé la communauté d’Emmaüs en, côtoie la misère quotidiennement. En 1954, lui qui a été député de 1945 à 1951 tente de faire passer par l'intermédiaire de son ami Léo Hamon un amendement : Il s’agit de prélever un milliard, sur les 90 prévus pour la reconstruction, afin d’édifier des cités de première nécessité. Dans la nuit du 3 au 4 janvier, après 72 heures de débat, le projet est rejeté.

    L'abbé n'en reste pas là. S'étant rendu compte du potentiel que représentait la radio, ( il a participé au jeu du Quitte au double de Zappy Max en 1953 et a gagné pour sa communauté 250000 francs), il lance un appel sur Radio-Luxembourg :

"Mes amis, au secours...

Une femme vient de mourir gelée, cette nuit à 3 heures, sur le trottoir du boulevard Sébastopol, serrant sur elle le papier par lequel, avant-hier, on l'avait expulsée. Chaque nuit, ils sont plus de 2000 recroquevillés sous le gel, sans toit, sans pain, plus d'un presque nu. Devant l'horreur, les cités d'urgence, ce n'est même plus assez urgent!

Écoutez-moi ! En trois heures, deux premiers centres de dépannage viennent de se créer : l'un sous la tente au pied du Panthéon, rue de la Montagne Sainte Geneviève; l'autre à Courbevoie. Ils regorgent déjà, il faut en ouvrir partout. Il faut que ce soir-même, dans toutes les villes de France, dans chaque quartier de Paris, des pancartes s'accrochent sous une lumière dans la nuit, à la porte de lieux où il y ait couvertures, paille, soupe, et où l'on lise sous ce titre « centre fraternel de dépannage », ces simples mots : « Toi qui souffres, qui que tu sois, entre, dors, mange, reprends espoir, ici on t'aime ».

La météo annonce un mois de gelées terribles. Tant que dure l'hiver, que ces centres subsistent, devant leurs frères mourant de misère, une seule opinion doit exister entre hommes : la volonté de rendre impossible que cela dure. Je vous prie, aimons-nous assez tout de suite pour faire cela. Que tant de douleur nous ait rendu cette chose merveilleuse : l'âme commune de la France. Merci! Chacun de nous peut venir en aide aux sans abri. Il nous faut pour ce soir, et au plus tard pour demain: 5.000 couvertures, 300 grandes tentes américaines, 200 poêles catalytiques.

Déposez-les vite à l'hôtel Rochester, 92, rue de la Boétie ! Rendez-vous des volontaires et des camions pour le ramassage, ce soir à 23 heures, devant la tente de la montagne Sainte Geneviève.

Grâce à vous, aucun homme, aucun gosse ne couchera ce soir sur l'asphalte ou sur les quais de Paris."

1954  l’Abbé Pierre pique un petit roupillon bien mérité après son appel

   Cet appel à la radio va connaitre un  très fort retentissement  et provoquer un immense mouvement d’entraide.  Le nez mis dans le caca, les politiques vont finir par se bouger l'arrière-train.
   Il sera créé dans l’urgence des Logements Économiques de Première Nécessité financés par la Caisse des Dépôts et Consignations, puis sera organisé en 1955 le concours : 
Opération Un logement pour un million
 (soit 21 300 € valeur 2018, actuellement , on obtiendrait à peu près pour ce prix une niche aménagée sous un escalier d'immeuble)

   A Dax, seront construits deux petits ensembles de ce type, l'un à Berre qui sera dit "A l'abbé Pierre", l'autre au Gond, qui s'appellera tout naturellement  "le plan Million". L'idée  était donc de construire un logement pour un million d'anciens francs (les légers, le franc lourd ou nouveau franc viendra en 1960 ). Pour le prix, il y avait électricité, eau froide à volonté et un trou au plafond pour faire passer le tuyau du mirus chargé de chauffer toutes les pièces.

   J'y ai passé quatorze ans au plan Million et c'était notre adresse au début : Famille D., Plan Million 40 Dax, Ensuite, il a fallu gommer Plan Million (ça la foutait mal certainement de toujours rappeler le prix que ça avait coûté et puis il fallait bien commencer à effacer les années de misère), c'est devenu quartier Biarritz (bien plus chic), pour en arriver à avoir un nom de rue. Il nous échut la rue des Cigales pas loin de la rue des Abeilles (je nous aurais plutôt vu en fourmis).

   Qui habitait là ? Pas comme à Paris, des sans-abris ou d'anciens habitants de bidonvilles mais deux grandes familles, d'un coté, des  économiquement faibles (une charmante locution apparue en 1954) issus pour la plupart de l'exode rural : enfants ou petits enfants de paysans, fermiers, journaliers, ouvriers agricoles, métayers descendus des collines de Chalosse ou des pinèdes du nord de l'Adour,  sans qualifications mais largement pourvus en progéniture (on jouait dans cette catégorie) et de l'autre, le volet social : des filles-mères (une appellation légèrement infamante de l'époque) et leurs rejetons.

Le plan Million et sa majestueuse allée de prunus
(Et ta sœur? Elle fait du vélo!)

Le plan Million ne nous a pas survécu. Avant démolition, on sentait chez lui comme un désir de retourner à ses origines modestes : il avait fini par ressembler à un bidonville,  mais il avait accompli sa vaillante mission.

━ Et alors il dit quoi, l'athée anti-clérical ?
━ Eh bé, il dit :  Merci l'abbé !

01 juillet 2019

Glycines et libellules

[des amies à moi]

Vue d'Oyster Bay

Libellules

Glycines

Libellules (re)

et feuille de lotus (pour ne pas être sectaire)

Le tout par Louis Comfort  Tiffany (un nom cosy)  New York ↥ 1848 New York 1933 ↧

26 juin 2019

Résolutions

"Etre tout à fait honnête avec soi est un bon exercice"
Sigmund Freud

Décision 1 : Etre tout à fait honnête avec soi

De vrais bâtons merdeux cette phrase et ce schéma, on ne sait pas par quel bout les prendre. Ça  risque de me ralentir dans mes résolutions, on verra ça plus tard.

Décision 2 : pratiquer une activité physique régulière

Quel jour est-on aujourd'hui ? mercredi ? Parfait. Je commence sans faute à partir de lundi.

Décision 3 : s’astreindre à une respiration profonde

Là, je peux commencer tout de suite encore qu'il faut faire jouer le diaphragme et le diaphragme, c'est comme le périnée, je ne sais pas trop où je l'ai.

Décision 4 : penser à s'hydrater fréquemment

Ce n'est pas le plus facile, en effet il faut appliquer le principe du boit-sans-soif mais je l'assure, je ferai contre mauvaise fortune bon cœur.

“Une fois que ma décision est prise, j'hésite longuement.”
Jules Renard 

10 juin 2019

Voisenon ou de l'éducation

« J’ai été jeune : mon père, qui était plus rigide qu’éclairé, me donna une éducation dure et me dégoûta de la raison, en me l’offrant avec trop de sévérité ; il intimida mon esprit au lieu de l’éclairer, et dessécha mon cœur à force de réprimandes, au lieu de le nourrir et de le former par la douceur.
« Les premières leçons qu’on donne aux enfants doivent toujours porter le caractère du sentiment ; l’intelligence du cœur est plus prématurée que celle de l’esprit ; on aime avant que de raisonner, c’est la confiance qu’on inspire qui fait le fruit des instructions qu’on donne.

Géographie Cours élémentaire -Editions Magnard- 1947
Illustrations  René Bresson

« Mon père n’en usa pas ainsi. Le titre de père me donna plutôt une idée de crainte que de tendresse, la contrainte où j’étais me fit prendre un air gauche qui ne me réussit pas ; quand je débutai dans le monde, mes raisonnements étaient assez justes, mais dépouillés de grâces, et bien souvent la bonne compagnie ne juge de la solitude de l’esprit que par son agrément.
Histoire de la Félicité - 1751

Claude Henri de Fusée de Voisenon
Peintre inconnu - Château de Versailles

Claude-Henri de Fusée (les québécois lui mettent un z, soit Fuzée, ce qui est joli) de Voisenon (1708-1775) a écrit des chansons grivoises, madrigaux, féeries et comédies. Ordonné prêtre, il acquit pourtant une réputation de légèreté ; il appréciait les mondanités et le confort. Voisenon publia en 1746  Le Sultan Misapouf et la princesse Grisemine ou les Métamorphoses, que j'ai lu en sus d'Histoire de la Félicité : une grivoiserie au quatorzième degré qui ne risque d'échauffer les sangs à personne mais pour les quelques lignes sur l'éducation ci-dessus, je lui donne mon affection à Voisenon.

Grand pote à Voltaire, ce dernier lui concocta à sa mort l'épitaphe suivante:

Ici gît, ou plutôt frétille,
Voisenon, frère de Chaulieu.
À sa muse vive et gentille
Je ne prétends point dire adieu,
Car je m'en vais au même lieu,
Comme cadet de la famille.

23 avril 2019

Les bons conseils de l'oncle Isidore

Isidore Ducasse
Comte de Lautréamont
par Félix Vallotton
Cet enfant, qui est assis sur un banc du jardin des Tuileries, comme il est gentil ! Ses yeux hardis dardent quelque objet invisible, au loin, dans l’espace. Il ne doit pas avoir plus de huit ans, et, cependant, il ne s’amuse pas, comme il serait convenable. Tout au moins il devrait rire et se promener avec quelque camarade, au lieu de rester seul ; mais, ce n’est pas son caractère.

Cet enfant, qui est assis sur un banc du jardin des Tuileries, comme il est gentil ! Un homme, mû par un dessein caché, vient s’asseoir à côté de lui, sur le même banc, avec des allures équivoques. Qui est-ce ? Je n’ai pas besoin de vous le dire ; car, vous le reconnaîtrez à sa conversation tortueuse. Écoutons-les, ne les dérangeons pas :

– À quoi pensais-tu, enfant ?

– Je pensais au ciel.

– Il n’est pas nécessaire que tu penses au ciel ; c’est déjà assez de penser à la terre. Es-tu fatigué de vivre, toi qui viens à peine de naître ?

– Non, mais chacun préfère le ciel à la terre.

– Eh bien, pas moi. Car, puisque le ciel a été fait par Dieu, ainsi que la terre, sois sûr que tu y rencontreras les mêmes maux qu’ici-bas. Après ta mort, tu ne seras pas récompensé d’après tes mérites ; car, si l’on te commet des injustices sur cette terre (comme tu l’éprouveras, par expérience, plus tard), il n’y a pas de raison pour que, dans l’autre vie, on ne t’en commette non plus. Ce que tu as de mieux à faire, c’est de ne pas penser à Dieu, et de te faire justice toi-même, puisqu’on te la refuse. Si un de tes camarades t’offensait, est-ce que tu ne serais pas heureux de le tuer ?

– Mais, c’est défendu.

– Ce n’est pas si défendu que tu crois. Il s’agit seulement de ne pas se laisser attraper. La justice qu’apportent les lois ne vaut rien ; c’est la jurisprudence de l’offensé qui compte. Si tu détestais un de tes camarades, est-ce que tu ne serais pas malheureux de songer qu’à chaque instant tu aies sa pensée devant tes yeux ?

– C’est vrai.

– Voilà donc un de tes camarades qui te rendrait malheureux toute ta vie ; car, voyant que ta haine n’est que passive, il ne continuera pas moins de se narguer de toi, et de te causer du mal impunément. Il n’y a donc qu’un moyen de faire cesser la situation ; c’est de se débarrasser de son ennemi. Voilà où je voulais en venir, pour te faire comprendre sur quelles bases est fondée la société actuelle. Chacun doit se faire justice lui-même, sinon il n’est qu’un imbécile. Celui qui remporte la victoire sur ses semblables, celui-là est le plus rusé et le plus fort. Est-ce que tu ne voudrais pas un jour dominer tes semblables ?

– Oui, oui.

– Sois donc le plus fort et le plus rusé. Tu es encore trop jeune pour être le plus fort ; mais, dès aujourd’hui, tu peux employer la ruse, le plus bel instrument des hommes de génie. Lorsque le berger David atteignait au front le géant Goliath d’une pierre lancée par la fronde, est-ce qu’il n’est pas admirable de remarquer que c’est seulement par la ruse que David a vaincu son adversaire, et que si, au contraire, ils s’étaient pris à bras-le-corps, le géant l’aurait écrasé comme une mouche ? Il en est de même pour toi. À guerre ouverte, tu ne pourras jamais vaincre les hommes, sur lesquels tu es désireux d’étendre ta volonté ; mais, avec la ruse, tu pourras lutter seul contre tous. Tu désires les richesses, les beaux palais et la gloire ? ou m’as-tu trompé quand tu m’as affirmé ces nobles prétentions ?

– Non, non, je ne vous trompais pas. Mais, je voudrais acquérir ce que je désire par d’autres moyens.

– Alors, tu n’acquerras rien du tout. Les moyens vertueux et bonasses ne mènent à rien. Il faut mettre à l’œuvre des leviers plus énergiques et des trames plus savantes. Avant que tu deviennes célèbre par ta vertu et que tu atteignes le but, cent autres auront le temps de faire des cabrioles par-dessus ton dos, et d’arriver au bout de la carrière avant toi, de telle manière qu’il ne s’y trouvera plus de place pour tes idées étroites. Il faut savoir embrasser, avec plus de grandeur, l’horizon du temps présent. N’as-tu jamais entendu parler, par exemple, de la gloire immense qu’apportent les victoires ? Et, cependant, les victoires ne se font pas seules. Il faut verser du sang, beaucoup de sang, pour les engendrer et les déposer aux pieds des conquérants. Sans les cadavres et les membres épars que tu aperçois dans la plaine, où s’est opéré sagement le carnage, il n’y aurait pas de guerre, et, sans guerre, il n’y aurait pas de victoire. Tu vois que, lorsqu’on veut devenir célèbre, il faut se plonger avec grâce dans des fleuves de sang, alimentés par de la chair à canon. Le but excuse le moyen. La première chose, pour devenir célèbre, est d’avoir de l’argent. Or, comme tu n’en as pas, il faudra assassiner pour en acquérir ; mais, comme tu n’es pas assez fort pour manier le poignard, fais-toi voleur, en attendant que tes membres aient grossi. Et, pour qu’ils grossissent plus vite, je te conseille de faire de la gymnastique deux fois par jour, une heure le matin, une heure le soir. De cette manière, tu pourras essayer le crime, avec un certain succès, dès l’âge de quinze ans, au lieu d’attendre jusqu’à vingt. L’amour de la gloire excuse tout, et peut-être, plus tard, maître de tes semblables, leur feras-tu presque autant de bien que tu leur as fait du mal au commencement !…

Les Chants de Maldoror
Isidore Ducasse

[ Il est bien gentil, tonton Isidore mais parfois, je me demande s' il n'hallucine pas un peu]

17 avril 2019

La leçon de conduite

    Il y a quelques mois, un conducteur russe a été interpellé par les policiers, avenue De Lattre de Tassigny à Laval (Mayenne), alors qu’il conduisait en regardant un film sur son ordinateur portable posé sur le tableau de bord, tout en dégustant un plateau de toasts au foie gras.

    Il a dû verser 750€ d’amende pour pouvoir repartir avec son véhicule.

Raspoutine et la Tsarine

    C'est cher payé, quand on pense qu'il n'avait même pas une petite femme sur ses genoux à qui caresser le sein et pas un verre de Sauternes à portée.

Boby Lapointe, toujours précurseur
 et son simulateur de conduite

"Le Soleil et la Lune, l'Air et le Feu, le Ciel, la Terre et l'Eau, l'Âme et Yama, le Jour et la Nuit, les deux Crépuscules et Dharma, connaissent la conduite de l'homme." 
Proverbe sanskrit