Affichage des articles dont le libellé est Joséphin Péladan. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Joséphin Péladan. Afficher tous les articles

02 avril 2026

Joséphin Péladan

Dictes moi où n'en quel pays
Est l'auteur du "Vice suprême" 
Le Sâr Péladan qui fut pris
Par quelques-uns, erreur extrême,
Pour un fol de la Mi-Carème, 
Et qui détenait, fier Titan,
De la Rose†Croix le Saint-Chrême ?
Mais où sont les Mages d'antan !

Où donc, et sur quel trône assis,
Accouchant d'un épichérème,
Est Guaita, grand incompris,
Chercheur d'occulte théorème,
Qui remplaça par le frère M***
Sâr Mérodack ? Qui de c'est an 
Peut dire où sont Jonnet, Defrême ?
Mais où sont les Mages d'antan ! ....
 

écrivain et critique d'art français,
parfois surnommé :

Le Mage d'Épinal, 
Le Sar dîne à l'huile 
Platon du Terrail 
Le faux mage de Hollande 
 Le Sar pédalant 
Le Hareng Sar
[Les gens sont méchants]

V
Portrait du Sâr Péladan
M. Joséphin Péladan aura-t-il ce génie qui fait tout oublier, même les fautes et les imperfections d’une œuvre ? On en jugera plus tard, car son livre d’aujourd’hui n’est que le commencement de la tâche qu’il s’est imposée. Seulement le conseil à lui donner, c’est de rester le plus qu’il pourra dans la réalité humaine. Il peut y être très puissant et son livre du Vice suprême nous en donne la preuve. À côté de ce personnage de Mérodack qui occupe trop de place dans son roman et en détermine trop l’action dramatique, il y a des figures d’une énergie de réalité qui montrent bien que le talent auquel on les doit n’a besoin, pour nous passionner, ni de l’hyperbole, ni de l’impossible. La grande figure du P. Alta, ce prêtre aimé de la princesse d’Este et qui résiste à ses ensorcellements avec l’auguste invulnérabilité de son sacerdoce ; celle du Prince royal de Courtenay, vivant avec la pensée de sa race déchue, qui est son remords dans le vice et qui lui inspire des actions sublimes, dans la guerre de 1870, sont bien autrement impressionnantes que la figure de l’homme des sciences occultes, dressée à côté d’elles et qui n’en efface pas la poésie. Les plus beaux chapitres du roman, par exemple le Krack et l’Argentier du roi en 1881, l’Orgie chez le prince de Courtenay, le P. Alta à Notre-Dame, et l’Émeute au théâtre ne nous remuent tant dans le livre de M. Péladan que parce qu’ils sont de ces faits que nous touchons encore du coude dans la décadence de ces derniers temps … Aussi, que le peintre de cette décadence, exprimée dans ce livre étonnant de vérité en beaucoup de ses parties, se souvienne qu’il n’a pas besoin pour la beauté et la gloire de son œuvre future d’une autre magie que la magie de son talent !