05 avril 2020

Confit nation of Nay


Poisson (d'avril) Fa

Il était une fois
Un poisson fa
Il aurait pu être poisson-scie
Ou raie
Ou sole
Ou tout simplement poisson d'eau...

[ pour des raisons techniques, le 1° avril a été repoussé au 5 (avril)]

01 avril 2020

Les soixante-dixièmes rugissants

Aérophagyl

Pommade P.O. 12

Fébralgine

Lespénéphryl

Fluxoveine

Lyso 6

Phytex

Dienoestrol Fraysse (pour Madame)

Revitalose

Mais quelle idée d'aller traverser la ligne de démarcation (à risque +) en pleine tempête. Je n'ai pas pu aller contre, pas possible de reculer d'un an comme on peut pourtant le faire pour le changement d'heure.

Optalidon
Pourquoi vivre tordus… quand il y a l’Optalidon

Dessins d'Albert Dubout pour différents labos pharmaceutiques.
Source : bdmedicales.com

29 mars 2020

Le fils du puisatier

Démocrite -460 -370 - Grèce
par Diego Velázquez  1599 Séville - 1660 Madrid
Au musée des Beaux-Arts de Rouen

"En réalité, nous ne savons rien, car la vérité est au fond du puits."
Démocrite

Homme tenant un verre à la main, copie au musée de Toledo-Ohio

Démocrite, philosophe, prenait le parti de rire de tout.
Bon on va essayer. Santé à tou.te.s !

25 mars 2020

La Cigarette et l'Arèthuse


A l'été 1876, Robert Louis Stevenson entreprend avec son ami Walter Simpson un voyage à l'intérieur des terres, en canoe , écrit RLS,  en canoë, traduit l'un, en canot, traduit l'autre, plus certainement en périssoire, empruntant l'Escaut à Anvers puis le Rupel, le canal de Willebroek, la Sambre et l'Oise pour aboutir à Pontoise.
Ils pagaient à bord de deux périssoires : l'Aréthuse et la Cigarette.

L'itinéraire
Chez astrofella.wordpress.com






Pontoise : The End of the Voyage

RLS contera sa traversée dans An inland voyage, publié à Londres en 1878.
Les traducteurs français de cet ouvrage ont eu du mal bizarrement à s'accorder sur le titre. 
On trouve :
Voyage en canoë sur les rivières du Nord,
Voyage sur les canaux et les rivières,
A la pagaie, 
Canaux et rivière d'Anvers à Compiègne...
Croisière à l'intérieur des terres de Laurent Bury pour la Bibliothèque de la Pléiade, 2001, parait le plus pertinent mais pour ma part, j'aurais traduit simplement :
Voyage dans les terres ou à l'intérieur des terres.

Gustave Caillebotte - Les Périssoires - 1877
Milwaukee Art Museum

Deux ans plus tard, Robert Louis Stevenson changera de monture et parcourra les Cévennes avec l'ânesse Modestine. Sur ses pas, ici.

18 mars 2020

Le pin nain

    L'automne s'attarde, la neige et l'hiver devraient déjà être là. Des nuages bas, bleu sombre, comme plein d'ecchymoses défilent depuis de longues journées au bord de l'horizon tout blanc. Et  aujourd’hui, au matin, le vent pénétrant de l'automne est devenu d'un calme menaçant. Est-ce un présage de neige ? non, il ne neigera pas. Le pin nain ne s'est pas encore couché. Et les journées s'écoulent, il n'y a pas neige, les nuages vagabondent quelque part derriere la montagne, un petit soleil pâle s'est levé et c'est toujours l'automne...      
    Mais le pin nain se recourbe. De plus en plus bas, comme un fardeau infini, sans cesse grandissant. Il égratigne la pierre de son faîte et se presse contre terre en écartant ses pattes d'émeraude. Il s’aplatit. Il ressemble à une pieuvre avec des plumes vertes.Et, couché, il attend un jour ou deux; le ciel blanc déverse enfin une neige poudreuse et le pin nain s'enfonce dans son hibernation comme un ours. La montagne blanche se couvre de grosses ampoules neigeuses : ce sont les arbustes de pin nain couchés pour l'hiver.

Stlanik (Pinus pumila)

    Et à la fin de l'hiver, quand la neige recouvre encore la terre sur une épaisseur de trois mètres, quand les tempêtes ont tassé dans les gorges une neige dure qui ne peut être entamée qu'au fer, les hommes attendent en vain les signes avant-coureurs du printemps, bien que c'en soit l'époque selon le calendrier. Mais la journée ne se distingue en rien d'un jour d'hiver : l'air est coupant et sec et ne diffère en rien de celui de janvier.
    ...
    Mais voilà que dans la blancheur neigeuse infinie, dans l'entière désespérance, se dresse soudain le pin nain. Il secoue la neige de sa ramure, se redresse de toute sa hauteur et lève vers le ciel ses aiguilles vertes, givrées, à peine roussies. Il entend l'appel du printemps qui ne nous est pas perceptible et, lui faisant confiance, il se redresse, le premier de tous dans le Nord. L'hiver est terminé.

Extrait de Récits de Kolyma, Quai de l'enfer de
Varlam Chalamov 1907 Vologda 1982 Moscou

[Le Goulag comme si vous y étiez, idéal pour période confinée]

02 mars 2020

Olympe de Gouges

Olympe, je l'ai rencontrée pour la première fois à Labouheyre, attablé en terrasse au Café des Sports, levant les yeux de mon demi, lisant son nom sur le frontispice  de l'école de filles voisine, puis à Montauban même, une attachante belle ville soit dit en passant ...
Quand l'Equipe de Perpignan s'en va jouer à Montauban,
Elle est battue évidemment par l'équipe de Montauban.
Et quand l'équipe de Montauban s'en va jouer à Perpignan,
Elle est battue c'est évident par l'équipe de Perpignan.


[j'étais persuadé de l'avoir entendue de la bouche d'Henri Génès, né à Tarbes, cette chanson, mais non, je ne l'ai pas trouvé dans sa discographie,   il s'agit des Frères Jacques]

... où elle est née comme plus tard, le sculpteur Bourdelle et le peintre Ingres.
Olympe, pionnière du féminisme, rate depuis plusieurs années son examen d'entrée au Panthéon. Rien de grave, elle pourra tenter de le repasser, elle a toute la vie devant elle.

Olympe de Gouges 1748-1793

    Quand j'étais petit, je ne me rendais compte de rien mais étant devenu moyen puis grand, j'ai pu prendre conscience et me réjouir de l'avancée des droits des femmes. Je pensais que les femmes qui sont si belles et sont si bonnes allaient nous proposer une alternative, un mode de vie bien à elles et qu'elles allaient nous délivrer des matamores, des va-t-en guerre, des déglingués, des chtarbés,  des pue du bec, des va de la gueule,  des clones en gris souris, des pervers, des sournois , des larbins, des laquais, des beni-oui-oui, des chefaillons,  des kapos à la petite semaine, des collabos dans l'âme, des trous du cul  mondains,  des pousse-toi de là que je m'y mette, des acharnés de la possession matérielle, des obsédés du pouvoir, des messieurs muscle, des qui ont le cerveau dans la culotte, des communicants, des chantres de la parole creuse, des bonimenteurs, des têtes de gondole,   en un mot comme en cent,  des costumes croisés, des uniformes, des gourous, des prêcheurs, des soutanes, des kippas et autres turbans, de la bêtise, de la guerre... Las !

...  En son temps, j'ai eu mon premier frisson,  rien de grave pourtant, mais  j'ai du prendre un bain de siège quand j'ai appris que Madame Rica Zayzay partait faire son Service militaire, toute seule comme une grande. Puis j'ai attrapé un psoriasis  à force de voir à la télé Madame Tatechair (à canon) et sa vaporeuse Permanente,  (une vraie tête à laque), développé un prurit anal à la vue de Madame Mam (qui s'en souvient ?) et ses pantalons à plis cassés, fait un œdème de Quincke quand  Madame Seigneurial  sapée comme Bécassine, c'est ma cousine agitait à la fenêtre de petits drapeaux nationaux et puis et puis, et puis même, même Mme Simone Veille, qui elle a obtenu son strapontin au Panthéon, Simone qui me semblait pourtant remplir  toutes les conditions pour que je l'admirasse,  que j'ai vu une fois dans un docu à elle consacré, à table avec sa petite famille très zaizée,  servie par un vieux nègre à l'ancienne, gants blancs, dos voûté et tète basse, comme dans la case de l'oncle Tom, m'a valu un urticaire géant qui me courrait sur tout le corps et alors et alors le ressort s'est cassé . Il ne m'en faut pas beaucoup, je le reconnais, mais voilà que j'ai recommencé à douter à nouveau  du genre humain, mâles et femelles.
    Et ce n'est pas Madame Narcos et ses petits souliers,  Mme Rachic et ses piécettes jaunes, Mme Ceoucetrou et son gentil mari qui vont m'amener à la raison.
    Et je ne parle même pas des actuelles Narine Le Bic, Nadine Medrano, Acacahuéte Dita, Isabellepastantqueça Karpaty, Cécile Petitnavire, Légume Pélerin, (ces quelques lignes ne sont pas récentes , je ne me rappelle plus trop de qui je veux parler) cela ne me fait plus rien, étant totalement immunisé.
    Un espoir ? Les lesbiennes, les Lgbtp peut-être alors ? C'est  l'avenir.  On verra, mais pour l'instant, je n'arrive pas bien à distinguer et pour ce que j'en connais, il y en a pas un, il n'y en a pas une, pour rattraper l'autre.


Allez, je me console avec Nefertiti parce que c'est la plus belle après Olympe, mais je ne suis pas sûr qu'elle valut bien cher, celle-là non plus. et puis c'est son  meilleur profil où elle a un air très doux parce que de face avec son bicorne elle fait plutôt vieux tromblon et grosse méchantasse.

21 février 2020

Cries of London

Buy a Trap, a Rat Trap, buy my Trap 
Piège à rat

Buy my Goose, my fat Goose
Oie

 Hot cross Bunns two a penny Bunns
Pains au lait

Do You Want Any Brickdust
Poussière de brique : produit à récurer, dentifrice

Water Cresses, come buy my Water Cresses
Cresson

 All a growing a growing, heres Flowers for your Gardens
Plantes, fleurs en pot

Old bloaks any Old Cloaths
Chiffons, vieux vêtements

par Henri Merke d'aprés Thomas Rowlandson 1756-1827
Pendant des Cris de Paris 

16 février 2020

Reconnaissance faciale

Ben Jones

El baile del POUM. 1936. Caserna Lenin - Barcelona
Agustí Centelles 

Oui, c'est lui, je le reconnais ! le grand au fond,  c'est George Orwell, arrêtez-le !

11 février 2020

Joseph Porphyre Pinchon

est le créateur de ?
un indice : ça commence par bé et ça finit par cassine

L'arbre
Illustration de Joseph Porphyre Pinchon 
pour L'Arbre de Georges Rodenbach - 1899


L'arbre voué aux gémonies
Illustration de Joseph Porphyre Pinchon 
pour L'Arbre de Georges Rodenbach - 1899

[ J'espère que tout le monde a trouvé.]

16 janvier 2020

Apparition

Lorsque l'enfant paraît, le cercle de famille
Applaudit à grands cris.
Son doux regard qui brille
Fait briller tous les yeux,
Et les plus tristes fronts, les plus souillés peut-être,
Se dérident soudain à voir l'enfant paraître,
Innocent et joyeux.
.....
.....
.....
.....
.....
.....
Seigneur ! préservez-moi, préservez ceux que j'aime,
Frères, parents, amis, et mes ennemis même
Dans le mal triomphants,
De jamais voir, Seigneur ! l'été sans fleurs vermeilles,
La cage sans oiseaux, la ruche sans abeilles,
La maison sans enfants !

Victor Coco Hugo

05 janvier 2020

Koenigsmark

Kœnigsmark, de Pierre Benoit 1886 Albi 1962 Ciboure, 
paru le 11 novembre 1918, jour de l’armistice ,


fut le premier ouvrage publié par le Livre de Poche, collection lancée en 1953 par Henri Filipacchi créateur en 1931 de la Bibliothèque de la Pléiade. Henri Filipacchi a été chargé également en 1940  par la Propaganda Staffel de recenser les livres "susceptibles d'indisposer les autorités d'occupation" la liste Otto (du nom de l'ambassadeur d'Allemagne à Paris, Otto Abetz). Ceci explique peut-être ce choix du roman d'un écrivain conservateur et réactionnaire comme entame d'une collection qui deviendra un immense succès.
Filipacchi et Benoit connurent quelques ennuis à la Libération et furent jugés : affaire classée par la Commission d'épuration pour le premier, relaxe pour le second.

[parmi les rares souvenirs notables évoqués par mon père, il y avait le fait que dans sa jeunesse, il s'était tiré involontairement une balle de revolver dans le sexe et également qu'il avait participé à l'arrestation de Pierre Benoit. Ne l'ayant jamais vu un livre entre les mains, j'ai toujours imaginé qu'il ne l'avait pas inventé, ce nom d'écrivain.
En fait, après recherches, (tout n'est pas bien net cependant) : Pierre Benoit a été arrêté une première fois à Bayonne le 15 septembre 1944 par un groupe de jeunes maquisards espagnols (???) et sera ensuite  incarcéré à la prison de Dax. Mis en résidence surveillée à partir du 15 novembre 1944, le 23 novembre 1944, un ordre d'arrestation est à nouveau lancé (intervention paternelle présumée). Après un séjour dans une clinique dacquoise pour soigner un genou, il sera incarcéré à la prison de Fresnes du 23 janvier 1945 au 4 avril 1945.]

Je n'ai pas lu Kœnigsmark, par contre j'ai lu Mademoiselle de la Ferté (1923) du même Pierre Benoit dont l'intrigue se déroule à Saint Paul lés Dax.
Commentaire de lecteur sur Babelio : un roman avec pour toile de fond des marais malodorants, chargés de brumes épaisses et une maison humide et malsaine dans laquelle l’héroïne, seule et sans avenir, est condamnée à croupir.
[il n'y a plus de nos jours de marais malodorants mais un grand centre commercial à la place avec plein de bretelles d'accès et des lotissements de partout.]

Ecoutons Eric-Emmanuel Schmitt  parler de l'auteur dans sa préface de Mademoiselle de la Ferté : Aujourd'hui sa position relève du paradoxe; lui qui fut aimé du public et ignoré par les lettrés connaît la situation inverse : ignoré par le public et aimé des lettrés.
Romancier du trouble et de l'écriture oblique, Pierre Benoit n'est lui-même que lorsqu'il se retire. Il ne se présente pleinement qu'absent. Au lecteur de compléter la trame...

[Daniel Filipacchi (Salut les copains) est le fils de Henri Filipacchi.
Le livre de poche, c'est bien mais ça vieillit mal]