03 avril 2009

Nescio

De uitvreter-Le pique-assiette de Nescio,
Jan Hendrik Frederik Grönloh
(Amsterdam 1882-Hilversum 1961)
avec des dessins de Joost Swarte.

[je dois le lire car un écrivain qui prend pour nom de plume latin "Nescio : je ne sais pas" ne peut être mauvais].

01 avril 2009

La foule qui m'importe


En avril 1944, le maréchal Pétain se rend à Paris, deux mois avant le débarquement; il est acclamé par une foule immense.

6 août 1944 - A Paris, le général de Gaulle descend les Champs Elysées; il est acclamé par une foule immense.

[La seule foule qui m'ait jamais ému, c'est celle qui s'est rassemblée sur la place du Capitole, à Toulouse, à l'annonce de la mort de Claude Nougaro.]

31 mars 2009

Le cerisier au rouge-gorge


Pedro Uhart Le cerisier au rouge-gorge

La vie est une cerise
La mort est un noyau
L'amour un cerisier.


Jacques Prévert

30 mars 2009

Plus rien ne m’étonne !

Par le traité de Tordesillas (province de Valladolid) le 7 juin 1494, les souverains espagnols Ferdinand II d'Aragon, Isabelle Ire de Castille et le souverain portugais Jean II de Portugal se partagent le monde, à l'exception de l'Europe, selon un principe qui ne mange pas de pain, celui de la Terra nullius (territoire sans maître; si les indigènes ne cultivent pas la terre, elle ne leur appartient pas.)


Cliquer sur le planisphère de Cantino pour mieux voir
le méridien de Tordesillas
La ligne de partage est traçée à 370 lieues à l'ouest des îles du Cap-Vert: à gauche aux espagnols, à droite aux portugais.
François 1er, qui n'a pas sa part de gâteau, tousse: "le soleil luit pour moi comme pour les autres. Je voudrais bien voir la clause du testament d'Adam qui m'exclut du partage du monde."


Un autre partage

Jules Ferry le 28 juillet 1885
«Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement qu'en effet, les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. Je répète qu'il y a pour les races supérieures un droit, parce qu'il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures. »

Georges Clemenceau, le 30 juillet 1885
« Voilà, en propres termes, la thèse de M. Ferry et l'on voit le gouvernement français exerçant son droit sur les races inférieures en allant guerroyer contre elles et les convertissant de force aux bienfaits de la civilisation. Races supérieures ! Races inférieures ! C'est bientôt dit. Pour ma part, j'en rabats singulièrement depuis que j'ai vu des savants allemands démontrer scientifiquement que la France devait être vaincue dans la guerre franco-allemande, parce que le Français est d'une race inférieure à l'Allemand. Depuis ce temps, je l'avoue, j'y regarde à deux fois avant de me retourner vers un homme et vers une civilisation et de prononcer : homme ou civilisation inférieure !...»

Une partie de l'empire Maldingue
Se trouva chez les Wollofs.
Une partie de l'empire Mossi,
Se trouva dans le Ghana.
Une partie de l'empire Soussou,
Se trouva dans l'empire Maldingue.
Une partie de l'empire Maldingue,
Se trouva chez les Mossi.
....
Ils ont partagé le monde, plus rien ne m’étonne !


Tiken Jah Fakoly

29 mars 2009

Le Roman du Dimanche

Les Mystères de Paris,
Eugène Sue
, 1804 Paris, Annecy 1857.
Coureur de jupons, chaud de la pince, il était surnommé
le Beau Sue.

Je crois reconnaitre le Chourineur à l'oeuvre
...
Montand:
La ville est morte depuis que tu es partie, mais la statue est toujours à la même place...
La téléphoniste:
... Oh... Attendez... Attendez... depuis que tu es partie... heu... la.. la quoi?
Montand:
La statue...
La téléphoniste:
Comme une statue?
Montand:
Oui, comme une statue
La téléphoniste:
... la statue est toujours à la même place... C'est ça?
Montand:
Oui, c'est ça mademoiselle... Eugène Sue me regarde... Je t'aime
La téléphoniste:
Eugène? Comme le prénom?
Montand:
Oui...
La téléphoniste:
Ensuite?
Montand:

Sue... Eugène Sue:
La téléphoniste:
Épelez...
Montand:
S comme Suzanne, U comme...
La téléphoniste:
Ursule!
Montand:
Oui et E comme Eugène...
La téléphoniste:
Sue!
Montand:
Oui, mademoiselle...
La téléphoniste:
Ensuite?
Montand:
Me regarde... Je t'aime
La téléphoniste:
Je t'aime
Montand:
Je pense à toi
La téléphoniste:
Je pense à toi
Montand:
Je t'aime... Je t'aime... Je t'aime...
La téléphoniste:
Je t'aime, je t'aime... Alors? trois fois je t'aime?
Montand:
Oui, mademoiselle... Paul!
La téléphoniste:
C'est la signature?
Montand:
Oui
La téléphoniste:
Je vous relis. Vous êtes Odéon 27 45, adressé à mademoiselle Colette Mercier, Marcel Eugène Raoul Célestin Irma Raoul, 23, square Lamartine, Besançon, Doubs.
Mon chéri je t'aime la ville est morte depuis que tu es partie mais la statue est toujours à la même place Eugène sue me regarde je t'aime je pense à toi je t'aime je t'aime je t'aime signé Paul!

Yves Montand Le Télégramme

Un riche site sur Eugène Sue, Eugène Sue, L'oublié (beh non, moi, je ne l'oublie pas)

28 mars 2009

Tonton Dario

Tonton Dario, quand il venait nous voir, il devait traverser les rues de Montfort en Chalosse, dans sa Cadillac décapotable jaune canari; ganté de beurre frais, dans son petit costume framboise écrasée, ça ne la faisait pas du tout.
Les rugbymen de l'endroit qui n'étaient pas encore les parfaits gentlemen qu'ils sont devenus aujourd'hui, le verbe posé, portant Barbour et casquette écossaise, posant nus dans les calendriers, hurlaient sur son passage:
"espèce de taaangtouze!"et le poursuivaient parfois jusqu'au Pourtiú (on habitait à Bizencine). Mais il n'en avait cure. Il finissait toujours par arriver à bon port.
C'est quand même pas des trous de balle qui vont m'empêcher de passer, disait-il avec un sourire en coin.

Nous étions pliés de rire quand il montait sur la table au moment du pastis et de la crème anglaise, juste avant les prunes à l'eau de vie et qu'il chantait, en faisant claquer ses petits doigts potelés :
"B B, B B, si tu n'existais pas, il faudrait t'inventer"
On lui envoyait des vannes, parce qu'il faut dire que même quand nous étions petits, Brigitte Bardot, on trouvait que c'était une vraie chèvre.

23 mars 2009

Les mauvais joueurs


Comment Renaut occit Berthoulet, le neveu de Charlemagne, en jouant aux échecs

Renaut de Montauban
. Manuscrit copié et peint à Bruges, vers 1462-1470.
Parchemin (4 volumes, 37,5 x 26,5 cm).
BNF, Arsenal (ms. 5073 rés. f° 15)

22 mars 2009

20 mars 2009

Dura lex, so lex


Si à 50 ans on n’a pas un Solex, c’est qu’on a raté sa vie !
J Ségu.la

Bien évidemment, j'ai réussi. J'ai eu un *Solex largement avant cinquante ans, mais si l'actualité ne m'y avait pas poussé, jamais je ne m'en serais vanté. En effet, au contraire de Jacques, je pense qu'il faut se montrer magnanime et ne pas exalter rancœurs et jalousies de celles et ceux qui n'ont jamais pu avoir de Solex et qui, au vu leurs capacités estimées, n'en auront très certainement jamais. Il ne faut pas désespérer les billes en cours.

*Ce Solex, le l'ai acquis en copropriété grâce à mon honnêteté et à mon ingéniosité. Les vacances scolaires étaient là et nous étions deux amis. Nous nous rendions à la ville, à pied, quotidiennement; nous constatâmes alors qu'un Solex était abandonné contre un mur, depuis plusieurs jours. Joignant l'honnêteté à l'utile et agréable, nous enfourchâmes le dit Solex (selle et porte bagages) et le commissariat de police étant sur notre chemin, nous fîmes notre devoir de citoyen. Un an et un jour après, le Solex nous fut acquis.

Vous n'avez pas réussi, il n'est pas têtard.
(qui ne devienne grenouille, sauf si les petits poissons le mangent)

18 mars 2009

Le métier de jardinier

Le texte qui suit concerne le nouveau jardinier (Maître Fauché) qui vient d'être employé au château de Saint-Laurent-le-Minier (Gard). Il nous donne une description de son "contrat d'embauche " (salaire, nourriture, etc.), accompagnée d'un inventaire précis des effets, des outils et des graines à semer que Fauché a reçu de l'ancien jardinier (dont il prend la place).
"Fauché, jardinier, est entré à mon service pour me servir de jardinir au chateau de Saint Laurens, le dixième aoust mille sept cens quarante quatre, aux gages de quatre vingt une livre par année, avec promesse que si je suis comptant du dit Fauché, je luy augmenteray ces gages lannée prochène de neuf livres par année, sans que les autres années, il puisse prétandre auceune augmentatioun sur ces gages. Je luy donne pour sa nourriteure lors que je ne le nourris pas à ma cuisine, huit cestiers misteure moité froment et moitié sègle, la dite meseure de Saint Laurens, ou dix cestiers misteure meseure de Montpellier, plus une qarte dhuille, plus une carte seil, plus neuf cestiers vin peur et neuf cestiers piqueste pour dix livres en argent pour sa pitance. Il cest chargé des houtis cy apprès énoncés, pour les rendre a lors quil quitteré, de même que les graines quil doit laisser lors quil quittera et qui luy ont esté remises par Monsieur de Saint Laurens avec les dits houtis.


Habit de jardinier - Nicolas de Larmessin
Inventère des esfetes dont le dit Fauché est chargé, les ayant resceus de Francois Lacroix, cy devant jardinier au chateau de Saint Laurens, et dont Fauché cest chargé, le dixième aoust mille sept cens quarante quatre:
Deux arousoirs de cuivre avec leurs bouts percés, plus une grande père grands siseaux pour talier les buis et palisades, plus deux grands luchetes, plus un petit luchet, plus une ache à une main, plus une aissade ou bèche, plus une trinque tranchante dun costé, plus deux bèches jardinières, plus un bigot à deux branches paisant cinq livres, plus une petite bèche fer appellée cercladou, plus une petite pique fer appellé marteau pour les bourneaux des fontaines, plus un rateau avec une bande de fer et ces pointes de fer, plus un rateau de bois avec ces pointes de bois, pPlus un rateau de bois comme ceus que lon se sert pour ramasser le foin aux près, plus une fourche fer à trois branches pour le feumier, plus une sie dune main ou raisset pour sier la teste des arbres que lon veut enter, plus un cordeau de quinse à vingt cannes longeur (est pourri), plus un grand cofre de bois blanc avec sa ferrure et serrure et clé, plus une clé de la porte du potagé de la petite porte du costé du partere, plus une serrure avec la clé et ferrures attachées à la porte de ce petit endroit qui est à lentrée du potagé ou il tient des graines, plus la clé du moulin à bled de la porte d'antrée, plus la clé de la chambre vouté du moulin à bled ou il tient ces graines, plus un passe partout qui ouvre la porte du fond du partere, celle de lorangerie et lécurie qui est à lorangerie, plus deux clés qui ouvrent deux espagnollettes, celle de la porte du fond du potagé, du costé de la prérie, et celle qui est à la grande porte qui va du partere au potagé, plus une clé qui ouvre la serure de la porte du petit couvert qui est dans le petit jardin potagé, plus la clé de lespagnollette du vlédas de la terrasse ou sont les orangers.
Inventère des graines que le dit Fauché doit laisser et quil a resceu: Premièrement deux livres graines despinars, plus trois livres graine doignons, plus 500 oignons de lannée qui doivent estre enterré le premier septembre pour estre manger au mois de may, plus une livre choux verds, plus une livre blète raves rouges, plus douze livre chalotes, plus quarente cinq livres aricots de toutes les espèces, faisant les quarante cinq livres, plus quinze fours des aux à vingt gousses grosses dail, plus cent septante gousses de Rocamboles, plus 3 livres poix de Monsalvy pour semer, plus 4 livres poix gourmends, plus une livre et demy graine de carottes jaunes ou blanches, plus une livre graine de poureaux, plus trois onces graine daubergine, plus 2 onces graine de chicorée romaine, plus 2 onces graine laiteu blaquette, plus 2 once graine laiteu rouge, plus 2 onces graine de chicorée très frisée à la Régeance, plus demy livre resors ou petite raves de Paris, plus un quard de graine de pourpier doré, plus un quard de graine de gros concombre, plus une once graine rady".

Source: Archives Départementales de l'Hérault, Fonds des Familles, 1 E 646, archives de la famille Sarret (château de Saint-Laurent-le-Minier, Gard) Auteur de la transcription: Jean-Claude Toureille