29 avril 2025

Décroissant avant l'heure

  Nicolas, citoyen de la ville de Patras, était né de parents riches et pieux. Son père s’appelait Epiphane, sa mère Jeanne. Ses parents, après l’avoir enfanté dans la fleur de leur âge, s’abstinrent ensuite de tout contact charnel. Le jour même de sa naissance, Nicolas, comme on le baignait, se dressa et se tint debout; et, durant toute son enfance il ne prenait le sein que deux fois par semaine, le mercredi et le vendredi. Dans sa jeunesse, évitant les plaisirs lascifs de ses compagnons, il fréquentait les églises, et retenait dans sa mémoire tous les passages des Saintes Ecritures qu’il y entendait.

(C'est très bien, mon petit Nicolas !)

Icone de Saint-Nicolas
Liban - 14ème siècle
Jacques de Voragine Varazze, vers 1228 - Gênes, 1298
La Légende dorée (1261-1266)

22 avril 2025

Gibritte Darbot, Darbot

Gibritte Darbot, bravo

1960 Le brésilien Miguel Gustavo écrit et compose en mode samba brésilienne la chanson Brigitte Bardot [connue internationalement suite à Et dieu créa la femme de Vadim (retro) 1956] que chantera Jorge Veiga.

Brigitte Bardot, Bardot
Brigitte beijo, beijo
Lá dentro do cinema
Todo mundo se afobou 
Brigitte Bardot, Bardot
Brigitte beijo, beijo
Lá dentro do cinema
Todo mundo se afobou
Aí, BB, BB, BB
Por que é que todo mundo
Olha tanto pra você?
Será pelo pé? (não é)
Será o nariz? (não é)
Será o tornozelo? (não é)
Será o cotovelo? (não é)
Você que é boa e que é mulher
Me diga então porque que é
En gros : 

Brigitte Bardot, Bardot - Brigitte bisous, bisous - Au cinéma, tout le monde s'est précipité (bis)  - Ay , BB, BB, BB - Comment se fait-il que tout le monde est là à te regarder - Serait-ce pour ton pied ? (non) - Serait-ce ton nez ? (non) - Serait-ce ta cheville ? (non) - Serait-ce ton coude ? (non) - Toi qui es une femme formidable - Dis-moi alors pourquoi ?

Kees van Dongen, Brigitte Bardot, 1958

    Dario Moreno (dont je suis un grand admirateur, moins de B.B.) fera son plus grand succés de  la version française  de   Lucien Morisse et André Salvet, qui en rajoute à dégouliner : 
― Aucune fille au monde, n’est aussi sympa que toi… (t'es sûr ?)
― Il aurait fallu t’inventer, si tu n’avais pas existé (sérieux ?)
― Pour toi, toutes les secondes chaque homme a le cœur qui bat (pôpôpô !)
― Je connais beaucoup de femmes qui voudraient bien te ressembler (carrément !)
― Il aurait fallu t’inventer, si tu n’avais pas existé, (c'est toi qui le dis !)

11 avril 2025

Gypsy Queen

 
Gypsy Queen

Mais où vont-ils donc ?

en famille,

eh bien ! à la foire du bouc à Killorglin,


sous le regard de King Puck

Photos (pas la dernière) de Inge Morath (1923-2002)

26 mars 2025

Hiérarchie

Quand les mecs (et les meufs) du haut regardent au-dessous,
 ils ne voient que de la merde.


Quand les types (et les loutes) du bas regardent au-dessus,
 ils ne voient que des trous du cul.

20 mars 2025

L'attrape-couillons

   " Pour des millions de lecteurs à travers la planète, le nom de John ­Irving apposé sur la couverture d’un roman est une promesse. Celle d’un livre à l’ampleur certaine, où l’épopée et le burlesque font bon ménage, où il est souvent question de lutte gréco-romaine, de pères manquants, d’enfances difficiles, de droits des femmes et des minorités de genre, d’ours, de sexe et d’interrogations morales. C’est ainsi depuis qu’en 1978 Le Monde selon Garp (Seuil, comme tous ses livres traduits en France, 1980) a fait de son auteur une star mondiale de la littérature, statut confirmé par des romans d’une puissance narrative renversante... "

Le Monde, Séries d'été, 17 juillet 2024

    Ah oui, Le monde selon Garp, paru en 1973, succès international. Non,  je ne l'ai pas lu en son temps. Et si j'avais raté quelque chose de tout à fait transcendant ?                                  Réparons me dis-je, lisons, lisons-le !


     "J'ai beaucoup aimé la première moitié de ce livre, ou peut-être son premier tiers, en tout cas toute la partie consacrée à l'enfance et à l'adolescence de Garp. Ensuite, j'ai compris que le récit n'allait nulle part et que pour illustrer le pouvoir de l'imagination, on allait nous servir une histoire de plus en plus bancale, avec un vague effet baroque consistant à intégrer plusieurs récits dans le récit. Malheureusement, les extraits des œuvres de Garp ne sont pas meilleurs que le roman d'Irving, mais confirment seulement que celui-ci a une vision réductrice de la littérature comme un mélange de naïveté et de rebondissements inattendus enrobés d'une liberté créatrice qui n'a pas d'autre but qu'elle-même. J'ai souvent eu l'impression de lire le premier roman d'un auteur qui essayait de caser toutes ses idées avortées pour faire une oeuvre-somme, sans que tout ça ait une cohérence quelconque. Ça aurait pu rester une histoire sympathique si le ton faussement candide de la première partie (on pense par moments à L'Attrape-cœurs, (lui, oui ! The catcher in the rye, j'étais en transe linguistique à l’époque,  un des rares bouquins que j'ai lus en anglais.) ne laissait pas la place à ces histoires d'adultère, d'accidents et de viols qui ressemblent à du mauvais soap-opéra et trahissent une panne d'inspiration dès qu'il s'agit de parler de la vie de couple et de famille.
   Pour résumer, ça commence comme un joli conte vaguement rabelaisien, en forme de pied-de-nez à l'American way of life, pour finir comme un roman raté, qui cache mal son retour aux valeurs bourgeoises derrière l'invention paresseuse de personnages secondaires qu'on pourrait qualifier de "hauts en couleurs". En tout cas, c'est l'impression que j'ai eue, sous réserve que les 100 dernières pages ne changent pas toute la donne, parce que je n'ai pas réussi à aller jusqu'au bout (ce qui m'arrive très rarement)."

H. Mattias le 30 juillet 2018 sur Babelio.

-- M. Mattias, j'ai peiné tel l'âne sous son bât lourd ,mais je suis allé jusqu'au bout, vous n'avez rien perdu du tout.

J'ai laissé parler H. Mattias, il m'évite des redites potentielles car je suis en accord avec tout ce qu'il dit.

13 mars 2025

Sur Paris

Un amas confus de maisons
Des crottes dans toutes les rues
Ponts, églises, palais, prisons
Boutiques bien ou mal pourvues

Force gens noirs, blancs, roux, grisons
Des prudes, des filles perdues,
Des meurtres et des trahisons
Des gens de plume aux mains crochues

Maint poudré qui n'a pas d'argent
Maint filou qui craint le sergent
Maint fanfaron qui toujours tremble,

Un beau texte à chanter

Pages, laquais, voleurs de nuit,
Carrosses, chevaux et grand bruit
Voilà Paris que vous en semble ?

1610 - 1660

25 février 2025

Anchois Ier

Banc d'anchois

Anchois premier :
 Bon, c'est décidé, je prends la direction des opérations !
Anchois second et suivants :
 Et à quel titre, on te demande bien !
Anchois premier :
 Faites pas chier, ça me regarde.
Anchois second et suivants :
― Non, non, on va voter, il n'y a pas de raison. Alors, qui se présente pour diriger les opérations ?
― Moi, moi, moi, moi, moi, moi, moi, moi, moi, moi, moi, moi, moi, moi… ad infinitum...
Anchois premier :
 Sans moi ! allez vous faire mettre, bande de trouducs !

Etourneaux en partance

    Mais qui a décidé de l'envol éclair, soudain et massif :  un étourneau sorti de X (pas twitter mais polytechnique), de l'Ena Institut national du service public, un étourneau grande gueule, un vieille baderne d' étourneau,  un étourneau de la patrouille de France, un étourneau à casquette maga ?
    "Quand va t-on se poser, j'en ai ras le bol de ces conneries d'acrobaties aériennes , j'ai les pattes cassées, rumine en son for intérieur l'étourneau lambda ."

Un vol de grues en V au-dessus d’Arudy

    Le troupeau humain, toujours enclin à suivre quelque führer, petit père des peuples, duce, grand timonier, génie des Carpates,  guide suprême... a longtemps vu bien sûr dans l'oiseau de tête le suroiseau infatigable, omniscient,  qui menait sans défaillance toutes ses masses laborieuses sur des milliers de kilomètres lors des migrations. 
      Or il s'avère que le suroiseau est un oiseau comme tous les autres :
à propos de la migration des grues : « […] les voyageuses s’organisent en escadrilles de vol, caractéristique pour les observateurs. Quand elles passent, elles forment un V ou un W ainsi que d’autres figures variées qui se combinent et évoluent en permanence.
    Quand l’oiseau de pointe est fatigué, nous dit François Dorigny dans : Quand passent les grues cendrées,  il coupe son effort en ralentissant son rythme de vol et un autre individu, près de lui ou plus loin dans la ligne, accélère et prend le relais. Après quelques centaines de mètres, le vol en V, un moment disloqué, est reconstitué. »

Zèbres et gnous

      Mais quel zèbre va dire :
 Ils nous emmerdent, ces gnous, toujours entre nos pattes, bon allez, on boit un dernier coup et on met les voiles. Si on rentre trop tard, on va se faire engueuler. 
    (Hum, ça ne va pas dans le sens indiqué plus haut . Les mammifères font toujours leur intéressant C'est certainement un vieux zèbre dominant mal embouché  qui va donner le signal du départ...)

    Plus sérieusement, instruisons nous sur les comportements collectifs des Animaux 
(dont nous faisons lamentablement  partie) en consultant :
Université Paul Sabatier à Toulouse

18 février 2025

Renard et l’âne (et la dinde)

  Tout lui est égal. Chaque matin, il voiture, d’un petit pas sec et dru de fonctionnaire, le facteur Jacquot qui distribue aux villages les commissions faites en ville, les épices, le pain, la viande de boucherie, quelques journaux, une lettre.  

Cette tournée finie, Jacquot et l’âne travaillent pour leur compte. La voiture sert de charrette. Ils vont ensemble à la vigne, au bois, aux pommes de terre. Ils ramènent tantôt des légumes, tantôt des balais verts, ça ou autre chose, selon le jour.

Vincent van Gogh - Charrette à âne - 1881

Jacquot ne cesse de dire : « Hue ! hue ! » sans motif, comme il ronflerait. Parfois l’âne, à cause d’un chardon qu’il flaire, ou d’une idée qui le prend, ne marche plus. Jacquot lui met un bras autour du cou et pousse. Si l’âne résiste, Jacquot lui mord l’oreille.  

Ils mangent dans les fossés, le maître une croûte et des oignons, la bête ce qu’elle veut.  
Ils ne rentrent qu’à la nuit. Leurs ombres passent avec lenteur d’un arbre à l’autre.  
Subitement, le lac de silence où les choses baignent et dorment déjà, se rompt, bouleversé.
Quelle ménagère tire, à cette heure, par un treuil rouillé et criard, des pleins seaux d’eau de son puits ?  
C’est l’âne qui remonte et jette toute sa voix dehors et brait, jusqu’à extinction, qu’il s’en fiche, qu’il s’en fiche. 

 Jules Renard - Histoires naturelles 1874

édition originale Flammarion de 1896
Jules Renard et Félix Vallotton

LA DINDE
Elle se pavane au milieu de la cour, comme si elle vivait sous l'ancien régime.

Les autres volailles ne font que manger toujours, n'importe quoi. Elle, entre ses repas réguliers, ne se préoccupe que d'avoir bel air. Toutes ses plumes sont empesées et les pointes de ses ailes raient le sol, comme pour tracer la route qu'elle suit: c'est là qu'elle s'avance et non ailleurs.

Elle se rengorge tant qu'elle ne voit jamais ses pattes.

Elle ne doute de personne, et dès que je m'approche, elle s'imagine que je veux lui rendre mes hommages.

Déjà elle glougloute d'orgueil.

— Noble dinde, lui dis-je, si vous étiez une oie, j'écrirais votre éloge, comme le fit Buffon, avec une de vos plumes. Mais vous n'êtes qu'une dinde.

J'ai dû la vexer, car le sang monte à sa tête. Des grappes de colère lui pendent au bec. Elle a une crise de rouge. Elle fait claquer d'un coup sec l'éventail de sa queue et cette vieille chipie me tourne le dos.

Bois de Félix Vallotton

12 février 2025

Nico, reviens !

    Entre calembredaines hollandaises et poses cul-pincé marconiennes, le plaisir de retrouver les hargnosités vagues de Maitre Roquet dans le Canard Enchaîné:

    Je n'ai jamais cru à Roubay  pendant la campagne, ce n'est pas aujourd'hui que je vais lui accorder le moindre crédit. Roubay, c'est moins que rien et pas davantage. 02/09/2009
    François Llonfi : il est en train de s'enterrer tout seul, il ne fait rien, pas le moindre geste. 10/10/2010
  Xavier Trandber n'est pas un gentil, c'est un méchant. Quand on a été agent d'assurances à Saint-Quentin, on ne peut être que méchant. 01/02/2010
  Radicha Tida : Elle est insupportable. on ne la voit qu'en robe longue aux soirées parisiennes. Elle ferait bien de se méfier, celle-là. Claude (Antgué) il faut la rappeler à l'ordre!...18/09/2008
    Jean-Louis Loobor : C'est un couard. Lui et Kiusoscko ne font que des conneries. Tout cela n'est pas au niveau, pas au niveau du tout. Ils veulent tous se protéger. Est-ce que je me protège moi? Qu'est ce que c'est que ces couilles molles? 18/09/2008

Je suis un pêcheur à la ligne.
Quelquefois je ferre un brochet, quelquefois une vieille chaussure.
Jean Anouilh Ornifle ou le Courant d'air 

      Mara Deya : Si elle m'avait écouté, avec le score qu'on a fait, elle serait aujourd'hui reine de l'Europe. Quelle connasse! (...) Elles vont voir, ces filles : les stars, c'est moi qui les fabrique. 09/06/2009
     Albert de Mocano : Le prince est très gentil. Le pauvre est bègue, bègue rééduqué, on sent qu'il voudrait dire des choses, il prend son élan, comme Roubay! Les psys doivent avoir du boulot avec lui, il faudrait psychanalyser tout le gouvernement. 26/04/2008
    Benyamin Nyahouneta : la reconnaissance d'un Etat palestinien à l'automne, ça me parait délicat. Bibi est fou. 15/05/2011
     Je sais bien que je suis le Tom Cruise du pauvre, mais enfin, Cherlar ministre, ce n'est pas possible; il est trop laid ! 18/06/2007